Médias : sexisme, racisme et fascisme

Décryptages

Un site de l’INA nous permet d’analyser les biais structurels des médias traditionnels : sexisme, racisme et fascisme.

7 juillet 2026 / 0 Commentaire
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Vers une internationale insoumise ?

Décryptages

Face à l’Internationale réactionnaire, les militants politiques de gauche radicale du monde entier s’organisent au sein d’une Internationale insoumise.

18 juin 2026 / 0 Commentaire
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La pride contre le piège du capitalisme Rose

Décryptages

Comme chaque année au mois de juin, les métropoles se couvrent de couleurs en l’honneur du “mois de fierté”. Festivité, musique, rire et danse. La fête s’empare de nos rues. Cependant, les slogans ne sont plus des slogans revendicatifs sous la forme de luttes, mais davantage une célébration. Les associations organisatrices s’empressent de ne pas affilier leurs manifestations et d’invisibiliser les mouvements politiques derrière la notion d’inclusivité. A Bordeaux, les prises de paroles de mouvements tels que la France Insoumise ont ainsi été refusées en 2026. D’un autre côté, le 2 juin, nous apprenions la mort d’un jeune homme de 19 ans suite à une agression homophobe. Mais comment peut-on alors prétendre décemment que la Pride n’est qu’une déambulation festive et consensuelle quand le simple fait d’exister se solde encore par la mort ? Dépolitiser la Pride, vouloir en faire un festival consensuel et « pour tous », met en danger la conquête de droits. Chasser les organisations politiques pour complaire à une charte de « neutralité » festive, c’est aussi entrer dans l’oppression. La députée France insoumise Ségolène Amiot rappelle la portée universelle et historique de cette mobilisation. “Lorsque la Pride a gagné des droits, c’est toute la société qui en profitait, en commençant par les Femmes”. Ce lissage marketing apolitique est loin d’être neutre. En effet, il permet surtout une récupération commerciale, permettant l’émergence du capitalisme rose.  Le capitalisme rose ?  Ce « capitalisme rose », aussi appelé “pinkwashing”, théorisé par Jasbir Puar , est un piège structurel. Il désigne l’assimilation et la récupération des identités, des luttes et des cultures LGBTI+ par le système économique capitaliste et l’économie de marché. Le système capitaliste a intrinsèquement besoin de diviser, de précariser et de hiérarchiser pour maximiser ses profits. Actuellement, au sein de nos prides comme à Lyon et à Paris, nous observons des multinationales critiquées et critiquables telles que BNP Paribas. Celle-ci se couvrent des couleurs des revendications. Cependant, une charte de la diversité ou un stand d’entreprise à la Pride ne protègent en rien un·e travailleur·es LGBTI+ d’être soumise à la sous-traitance, ni une discrimination à l’embauche. L’objectif de ce « pinkwashing » est une sorte de “blanchiment moral” en associant la marque à des valeurs de modernité, de progressisme et de tolérance pour s’acheter une respectabilité éthique à peu de frais. Cela leur permet surtout d’améliorer leur image de marque.  Les danger de l’Assimilation de la lutte au système capitaliste La communauté LGBTI+ n’est pas un bloc homogène de consommateurs. En effet, elle est massivement composée de travailleuses et de travailleurs, souvent poussé·e.s vers la grande précarité par les violences systémiques. Derrière les paillettes, oui, on retrouve la précarité. Permettre au secteur privé de s’étendre au sein de nos luttes en les neutralisant et accepter le financement de structures bancaires qui, le reste de l’année, pressurent les salariés, détruisent le code du travail et exigent la casse des services publics est une contradiction absolue. Cela engendre simplement la stagnation des luttes tout en invisibilisant les plus précaires. La Pride doit rester un espace de contestation anticapitaliste.  Pourquoi la fête ne suffit plus ?  Si la rue doit gronder, c’est parce que l’ambiance idéologique se brustalise aussi. Nous assistons aujourd’hui à une véritable fascisation de l’espace public. Les discours de haine, autrefois cantonnés aux marges, sont désormais thématisés, théâtralisés et normalisés quotidiennement sur les plateaux de télévision et dans l’hémicycle. L’extrême droite ne se cache plus. Cette montée en puissance appuyée du « c’était mieux avant » pour masquer leur incapacité à répondre à la crise économique et sociale,  fabrique des boucs émissaires. Ils louent une époque imaginaire où l’ordre moral aurait régné, où les structures familiales étaient strictement hétéropatriarcales, et où les minorités ne s’affichaient pas. Dans ce récit nostalgique et toxique, l’émancipation des femmes et des personnes LGBTI+ est présentée comme une « décadence » qu’il faudrait stopper pour « sauver la nation ». C’est dans cette logique que s’inscrivent aujourd’hui les offensives transphobes. En ciblant les personnes trans, et particulièrement les mineurs à travers des propositions de loi visant à interdire leurs parcours de transition, la droite et l’extrême droite s’attaquent à l’avant-garde des libertés. Et concrètement ? Récemment, cette pensée réactionnaire s’est introduite dans les débats de l’hémicycle, mais aussi au sein de nos textes de droits. En effet, la loi Rodwell sur la sécurité adoptée début 2026, en intégrant des dispositions qui compliquent les démarches de changement d’état civil, institutionnalise les pensées de l’extrême droite sur une dite crise de l’ordre moral. Sous couvert de fermeté administrative, ce texte contient des dispositions qui attaquent de plein fouet les personnes trans, en tentant par exemple d’exiger des critères restrictifs inédits, comme un casier judiciaire vierge, pour les démarches de changement d’état civil.  Ainsi, le meurtre homophobe de Noahm à Metz, l’exploitation capitaliste et l’offensive législative transphobe procèdent du même système d’oppression. Face à cela, la Marche des Fiertés n’a de sens que si elle se conçoit comme le point de convergence de toutes les résistances. Nous ne pouvons pas dissocier la lutte LGBTI+ du combat antifasciste et anticapitaliste, car l’extrême droite au pouvoir signifie mécaniquement la suppression de nos droits et la libération de la violence de rue. La Pride n’est pas à vendre, elle n’est pas à lisser, elle n’est pas à dépolitiser.  Bibliographie :  Bantigny, L. (2013). Quelle “ révolution ” sexuelle ? Les politisations du sexe dans les années post-68. L’Homme & la Société, 189-190(3) Turcan, M. (2026, 3 juin). « Un jeune homme gay meurt à Metz après avoir été frappé à la tête, ses proches dénoncent une agression homophobe ». Mediapart. Bouanchaud, C. (2021, 26 juin). « Le terme de pinkwashing revêt une dimension négative, avec l’idée d’hypocrisie des marques ». Le Monde. 

8 juin 2026 / 0 Commentaire
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Elections consulaires france insoumise synergie populaire

Élections Consulaires : Que signifie la percée de la France insoumise ?

Actus

Du 22 au 31 mai se tenaient les élections consulaires. Un scrutin méconnu mais important pour les Français.es de l’étranger et qui permet de distinguer des dynamiques en vue de l’élection présidentielle, moins d’un an avant l’échéance. En 2021, elles avaient été remportées par des listes de centre-gauche, de centre-droit ou sans étiquette. Cette année, les résultats s’avèrent totalement différents, avec une progression considérable de La France insoumise. Une percée insoumise sans précédent « Cette percée de la France Insoumise aux élections consulaires montre à mes yeux que nos compatriotes vivant à l’étranger sont sensibles aux priorités que nous avons défendu collectivement : l’accès aux services publics, à l’éducation, à la lutte contre les discriminations, et plus globalement à la justice sociale et écologique. Elle montre aussi une volonté de changement en faisant élire des conseillers et conseillères consulaires déterminés et engagés qui affirment leurs convictions politiques avec clarté et cohérence. » — Martha Peciña, conseillère consulaire élue de la 2e circonscription d’Espagne, à Synergie populaire. Le communiqué de la France insoumise publié le 1er juin est triomphant. Le mouvement de gauche radicale « se félicite des résultats obtenus lors des élections consulaires » et revendique une quarantaine d’élus (contre treize en 2021, soit une multiplication par trois). Il faut souligner que cette progression est d’autant plus impressionnante que la nature de ce scrutin peut apparaître comme défavorable à la gauche de rupture : faible mobilisation, électorat dispersé empêchant les campagnes de terrain, socio-démographie plus favorable aux partis modérés, etc.  Néanmoins, peu à peu, les résultats définitifs dessinent de nombreuses victoires inattendues. Les listes menées par la France insoumise — parfois seule, parfois en alliance avec d’autres partis de gauche et collectifs citoyens — sont en tête dans l’est du Canada (25%, trois élus) et au Brésil (40%, un élu), et deuxième en Argentine (23%, un élu), en Belgique (18%, deux élus), en Allemagne (26%, 2 élus), au Qatar et à Bahreïn (28%, un élu) et au Japon (23%, un élu). Elles sont premières à gauche au Mexique (15%, un élu) et en Tunisie et en Libye (23%, un élu). Il ne s’agit là que de quelques-unes des circonscriptions où les insoumis ont reçu des scores sans précédents et sont parvenus à obtenir des élu.es. Elles regroupent en tout 20 000 suffrages. On peut également noter que ce résultat se conjugue à des scores plus faibles qu’attendus pour l’extrême droite et une augmentation du total gauche dans presque toutes circonscriptions. À quoi servent les élections consulaires ?  Ce scrutin reste néanmoins confidentiel en dehors des Français.es de l’étrangers et méconnu même parmi eux (15% de participation en 2021). Depuis 2014, les citoyens Français habitant à l’étranger ont l’occasion, tous les six ans, d’élire leurs représentants (433 conseillers consulaires et 77 délégués consulaires) dans des scrutins de liste proportionnels dans plus d’une centaine de circonscriptions correspondant à un pays ou une région.  Ils ont un rôle consultatif et travaillent avec les ambassadeurs et consuls généraux dans la gestion de la vie quotidienne des Français de l’étranger. Ainsi, ils sont des élus locaux, similaires aux conseillers municipaux, mais sans pouvoir direct. Leurs attributions comprennent entre autres l’économie, la solidarité, la sécurité et l’éducation. Ils éliront à leur tour l’Assemblée des Français de l’étranger, leur organe représentatif auprès du Parlement et du Gouvernement, composé de 90 membres. Plus important encore, ils participent (avec les députés et sénateurs des Français de l’étranger) à l’élection de douze sénateurs, soit autant que Paris et plus que n’importe quel autre département, et ce pour un corps électoral infime par rapport à celui des départements. Quelles conséquences pour cette victoire ? En septembre, six de ces douze sénateurs seront renouvelés. Avec une quarantaine d’élus, la France insoumise est en position de force pour peut-être gagner son premier siège de sénateur chez les Français de l’étranger. En effet, en 2020, il fallait 55 voix pour obtenir un élu. S’ils s’allient avec d’autres forces de gauche ou des élus indépendants, les insoumis pourraient atteindre ce score critique qui leur permettrait d’entrer au palais du Luxembourg.  Outre l’enjeu des sénatoriales, la multiplication par 3 du nombre de conseillers consulaires insoumis permet à ces élus locaux, comme les conseillers municipaux depuis les municipales, de porter les campagnes présidentielle et législatives à l’étranger (onze députés seront à élire en 2027) par une entrée dans les institutions et des relais locaux identifiés. En effet, selon le député insoumis du Val-d’Oise Aurélien Taché, le mouvement a « besoin d’un réseau d’élus à l’étranger pour représenter La France insoumise » (Le Monde). Enfin, ce résultat inattendu confirme la dynamique insoumise lancée par les municipales et corroborée par plusieurs sondages plaçant Jean-Luc Mélenchon au second tour de l’élection présidentielle. La France insoumise est bel et bien la principale force de gauche et les Français de l’étranger ont prouvé leur volonté de voir mise en place une politique de gauche radicale. Ainsi, Aurélien Taché se dit « convaincu qu’une partie des abstentionnistes que nous cherchons se trouve parmi ces Français-là. Il y a un vrai enjeu pour la présidentielle à mobiliser cet électorat ». Il s’agit en effet d’un réservoir de votes considérable en vue des scrutins nationaux : 1 700 000 inscrits et une participation bien plus faible que dans le territoire national. Bref, l’Internationale insoumise progresse !

4 juin 2026 / 0 Commentaire
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